LE LIEU
- Plateau
- L'espace où l'on tourne. Contrairement à ce qu'on imagine, un plateau est d'abord une pièce vide : c'est l'équipe qui l'habille. Ce qui le distingue d'une simple salle, c'est le fond, la hauteur, le recul et l'électricité.
- Cyclorama (cyclo) chez nous
- Un fond qui part du sol et remonte le mur sans arête visible. À l'image, il n'y a plus de ligne d'horizon : le sujet semble flotter dans un espace infini. Un cyclo se construit en dur — le nôtre est maçonné en ciment puis peint — ce qui le distingue d'une toile tendue.
- Fond vert chez nous
- Une surface verte uniforme destinée à être remplacée par une autre image au montage. Chez nous, un rideau en tissu au mur et une moquette au sol, avec un raccord incurvé pour éviter l'angle.
- Fond noir chez nous
- Un rideau en tissu absorbant et une moquette noire, posés par-dessus le cyclo. Le tissu absorbe la lumière au lieu de la renvoyer : c'est ce qui donne un noir dense, sans reflet.
- Recul
- La distance disponible entre la caméra et le sujet. C'est la mesure qui décide de ce qu'on peut cadrer — bien plus que la surface au sol. Une pièce carrée de 40 m² peut offrir moins de recul qu'un couloir large.
- Grill
- La structure de tubes fixée au plafond, sur laquelle on accroche les projecteurs. On parle de « hauteur sous grill » : c'est la hauteur utile, toujours inférieure à la hauteur sous plafond.
- Hauteur sous plafond
- La hauteur brute de la pièce. À ne pas confondre avec la hauteur sous grill, qui est ce dont on dispose réellement une fois les projecteurs accrochés.
- Loge
- La pièce où les intervenants se changent, se maquillent et attendent. Sur un tournage, c'est ce qui évite que le plateau serve de vestiaire — et donc que tout le monde traverse le champ.
- HMC
- Habillage, maquillage, coiffure. Désigne le poste, les personnes et l'espace qui leur est réservé. On dit « un espace HMC » comme on dirait une loge équipée.
- Régie
- L'espace d'où l'on pilote — retours image, son, enregistrement. Sur un petit tournage, la régie est souvent une table dans un coin ; sur un plateau TV, c'est une pièce séparée.
- Hors champ
- Tout ce qui est dans la pièce mais hors du cadre. Un plateau utilisable a toujours du hors-champ : c'est là que vivent le matériel, les câbles et l'équipe.
L'IMAGE
- Focale
- La distance, en millimètres, qui détermine l'angle de vue de l'objectif. Courte focale = angle large ; longue focale = angle étroit et sujet rapproché. Elle ne dit rien à elle seule : son effet dépend de la taille du capteur.
- Capteur
- La surface sensible de la caméra. Sa largeur décide du champ couvert à focale égale : un 35 mm ne cadre pas la même chose sur un plein format et sur un Micro 4/3.
- Plein format (24×36)
- Un capteur de 36 mm de large, hérité du film photo 35 mm. Référence commune pour comparer les focales.
- Super 35
- Le format historique du cinéma, environ 24,9 mm de large. La plupart des caméras de cinéma numériques s'y réfèrent.
- Ouverture (diaphragme)
- La quantité de lumière que laisse passer l'objectif, notée f/1.8, f/4… Plus le chiffre est petit, plus l'ouverture est grande, plus le fond est flou et moins il faut de lumière.
- Profondeur de champ
- La zone nette devant et derrière le sujet. Elle rétrécit quand on ouvre le diaphragme, quand on allonge la focale ou quand on s'approche.
- Plan
- Une prise continue, du départ à la coupure. Le mot désigne aussi le cadrage : plan large, plan serré, gros plan.
- Axe caméra
- La position et la direction de la caméra. Un plateau qui « offre plusieurs axes » permet de tourner la même scène sous différents angles sans tout redécorer.
- Packshot
- Le plan d'un produit seul, généralement sur fond neutre, destiné à la publicité ou à une fiche produit.
- Incrustation (keying)
- Le remplacement d'une couleur uniforme — le fond vert — par une autre image, au montage. Sa réussite se joue au tournage : fond éclairé uniformément, sujet éloigné du fond, pas de vert sur les vêtements.
- Rushes
- Les fichiers bruts sortis de la caméra, avant tout montage. Leur poids se compte en dizaines ou centaines de gigaoctets par jour de tournage.
- Codec
- La méthode de compression des images. Il décide du poids des fichiers et de ce qu'on pourra faire à l'étalonnage : un codec très compressé économise de la place mais supporte mal les retouches.
- Définition
- Le nombre de pixels de l'image : HD, 4K, 6K. Elle ne fait pas la qualité à elle seule — un 4K mal éclairé reste moins bon qu'une HD bien faite.
- Images par seconde
- Le nombre d'images enregistrées chaque seconde. 24 ou 25 pour un rendu cinéma et télévision, 50 ou plus pour pouvoir ralentir au montage.
- Ralenti
- S'obtient en tournant à une cadence supérieure à celle de diffusion, puis en relisant à la cadence normale. Tourner à 50 et diffuser à 25 donne un ralenti deux fois.
LA LUMIÈRE
- Température de couleur
- La teinte d'une source, en kelvins. Environ 3200 K pour une lumière chaude type tungstène, 5600 K pour une lumière du jour. Mélanger les deux sans le vouloir donne des peaux verdâtres ou orangées.
- Balance des blancs
- Le réglage qui dit à la caméra ce qui doit paraître blanc. Mal réglée, toute l'image dérive en couleur.
- Lumière naturelle
- Celle qui entre par les fenêtres. Agréable et gratuite, mais elle change d'intensité et de teinte au fil de la journée : difficile à raccorder sur un tournage long.
- Diffusion
- Tout ce qui adoucit une source : boîte à lumière, toile, parapluie. Une lumière diffuse donne des ombres douces, une source nue des ombres franches.
- Contre-jour
- Une source placée derrière le sujet, qui détoure ses contours et le décolle du fond. C'est souvent ce qui manque à une image qui paraît plate.
- LED
- L'éclairage devenu standard : peu de chaleur, peu de consommation, température et intensité réglables. Les modèles RGB permettent en plus de colorer une scène.
- Gélatine
- Un filtre coloré qu'on place devant une source pour en changer la teinte, corriger une température ou créer un effet.
- Drapeau
- Un panneau opaque qui bloque une partie de la lumière, pour empêcher qu'elle atteigne le fond, l'objectif ou une zone qu'on veut garder sombre.
LE SON
- Micro-cravate
- Un petit micro fixé sur le vêtement. Discret et proche de la bouche : la solution habituelle pour une interview ou une prise de parole.
- Perche
- Un micro directionnel tenu au bout d'une tige, hors champ, au-dessus des interlocuteurs. Meilleure qualité qu'un cravate, mais demande quelqu'un pour la tenir.
- Son seul
- Un enregistrement audio effectué séparément de l'image, à resynchroniser au montage. On le repère grâce au clap.
- Réverbération
- La persistance du son dans une pièce. Une pièce nue et carrelée « sonne » beaucoup : les voix y deviennent difficiles à exploiter, même avec un bon micro.
- Insonorisation
- Le traitement qui empêche les bruits extérieurs d'entrer et le son de sortir. À ne pas confondre avec le traitement acoustique, qui corrige la réverbération à l'intérieur.
L'ÉQUIPE
- Réalisateur
- Celui qui décide de ce qu'on raconte et comment on le filme. Sur un petit tournage, il est souvent aussi cadreur et monteur.
- Chef opérateur
- Responsable de l'image : lumière, cadre, choix des optiques. Il traduit une intention en conditions techniques.
- Cadreur
- Celui qui tient la caméra et compose l'image. Sur un tournage léger, c'est souvent la même personne que le chef opérateur.
- Ingénieur du son
- Responsable de la prise de son : choix des micros, placement, niveaux, surveillance des parasites.
- Régisseur
- Celui qui fait que la journée se déroule : accès, matériel, plannings, repas, imprévus. Invisible quand tout va bien.
- Assistant caméra
- Gère le point, les optiques, les cartes et les batteries. C'est souvent lui qui sauve un tournage en repérant qu'une carte est pleine.
- DIT
- Digital imaging technician : la personne qui copie, vérifie et sauvegarde les rushes pendant le tournage. Sur un tournage court, ce rôle échoit à qui a un ordinateur.
LA PRODUCTION
- Repérage
- La visite d'un lieu avant de le réserver, pour vérifier qu'il correspond au projet : recul, hauteur, lumière, bruit, accès. Une heure de repérage économise souvent une demi-journée de tournage.
- Plan de travail
- Le découpage horaire de la journée : ce qu'on tourne, dans quel ordre, avec qui. Sans lui, on tourne les plans faciles d'abord et on manque de temps pour les autres.
- Feuille de service
- Le document envoyé à l'équipe la veille : horaires, adresse, contacts, plans prévus. C'est ce qui fait que tout le monde arrive au même endroit à la même heure.
- Installation chez nous
- Le temps de monter le décor, la lumière et la caméra avant de tourner. Il fait partie du créneau réservé — jamais offert en plus. Une journée de 10 h se découpe souvent en 1 h d'installation, 8 h de tournage, 1 h de rangement.
- Créneau
- La plage horaire réservée, installation et rangement compris.
- Repérage technique
- Un repérage effectué avec les chefs de poste, pour arrêter les besoins réels en lumière, en son et en électricité.
- Droit à l'image
- L'autorisation écrite d'une personne filmée pour que son image soit diffusée. À faire signer le jour du tournage, pas après.
- Making-of
- Les images tournées sur le tournage lui-même. Souvent le contenu le plus rentable d'une journée : il alimente les réseaux sociaux pendant des mois.
LA POST-PRODUCTION
- Montage
- L'assemblage des plans. C'est là que le film existe : deux montages des mêmes rushes racontent deux histoires différentes.
- Étalonnage
- Le travail de la couleur après montage : équilibrer les plans entre eux, puis donner une teinte d'ensemble.
- LUT
- Une table de correspondance de couleurs, appliquée à l'image pour obtenir un rendu donné. Utile comme point de départ, jamais comme étalonnage fini.
- Motion design
- L'animation d'éléments graphiques — titres, courbes, logos — ajoutés à l'image au montage.
- Mixage
- L'équilibrage final des sons : voix, ambiances, musique. Une voix mal mixée disqualifie une image parfaite ; l'inverse est moins vrai.
- Export
- La fabrication du fichier final, au format attendu par la plateforme de diffusion. Un export mal réglé peut annuler des jours de travail sur l'image.
- Timecode
- Le repère temporel de chaque image, noté heures:minutes:secondes:images. Il sert à se comprendre entre monteur, client et studio.
POURQUOI CE GLOSSAIRE
Parce que le vocabulaire du plateau est une barrière à l'entrée. Quelqu'un qui n'a jamais tourné lit « cyclo blanc, 3,30 m sous grill, 10 m de recul » sans savoir si c'est beaucoup ou peu, ni si ça correspond à son projet. Ces définitions viennent de la pratique quotidienne d'un studio, pas d'une compilation d'articles — les entrées marquées chez nous décrivent notre installation, et peuvent différer ailleurs.